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Législatives 2024 : au bord du gouffre : courage, fuyons !

par Antonin Van Der Straeten 28 Juin 2024, 18:05 Politique Legislatives2024 Chroniques

Il aura suffit d’un coup de balai, un seul, pour envoyer aux oubliettes le scrutin européen. Emmanuel Macron avait décidé qu’il serait le président jusqu’au bout de la soirée, éclipsant à la fois le suffrage des français et une nouvelle fois Valérie Hayer, jusqu’alors seule rescapée du troupeau de vitres de la minorité présidentielle. Dans les cordes, Bardella, Glucksmann et tous les autres. On y retourne : c’était à peine hier, et nous voilà encore appelés aux urnes demain.

 

Pour la première fois depuis 1997, une élection législative va donc intervenir hors des années présidentielles et, après sept années de macronisme, il va sans dire que notre avenir en dépend, bien davantage qu’à l’issue de tout autre scrutin. Les horizons qui nous sont offerts apparaissent bien différents, aux antipodes les uns des autres, et pour cause, les trois blocs érigés à la suite des scrutins de 2022 sont exacerbés, et les difficultés des Français encore plus. Le choix qui s’impose à eux ce dimanche est radical, historique, et surement un peu terrifiant. Un saut dans l’inconnu.

 

La dissolution, préambule d’un théâtre politique sans précédent

Vingt-et-une heure deux, Emmanuel Macron prononce la dissolution de l’Assemblée Nationale par l’article 12 de la Constitution. Depuis, les esprits se sont échauffés, rassemblés ; le cirque a enfin pu commencer. Jordan Bardella ne sourit plus : la perspective de la législative n’est pas la même qu’un siège au Parlement Européen, le jeune premier de la grande blonde apparaît crispé. Et pour cause, face à l’éventualité de sa victoire ce dimanche, tous se sont mobilisés, envers et contre lui. La seule idée de voir l’extrême droite gouverner a soulevé un vent de révolte, un vent de panique aussi peut-être. Les alliances se sont faites et défaites en un temps record, poussées à la proue comme à la poupe.

Le président de la République a très certainement précipité la fin de son ère, mais il a participé à la publicité pour un mandat présidentiel unique pendant lequel une élection législative viendrait rebattre les cartes. Si depuis vingt ans, le scrutin parlementaire vient confirmer les tendances de la présidentielle en ankylosant le pays dans un débat opposant la majorité à ses opposants moins nombreux, la perspective de celui des dimanches à venir sonne comme une possibilité de changement, celui d’un nouveau souffle. Le même qui balaiera sans l’ombre d’un doute Attal et ses razmokets. Qui prendra alors la suite ? Le débat démocratique et les malhonnêtes de tous bords ont connu depuis dix jours un certain renouveau, ce qui permet de voir qui sont vraiment ceux qui veulent nous gouverner et nous diriger. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les hypocrites et les tartuffe ont de beaux jours devant eux.

 

Comment parler malhonnêteté sans évoquer les journalistes ? La manipulation médiatique que nous subissons depuis 2016 a transformé la manière dont nous nous informons en profondeur. Tout est rapide, analysé par des éditorialistes lobotomisateurs : « c’est vrai puisque je l’ai entendu à la télé » entend-on suffisamment souvent. Cependant, ceux qui assènent l’information ne sont plus que des relais politiques qui brandissent à qui veulent le voir les opinions d’une caste dominante à qui la seule évocation d’une mesure sociale fait peur. Bolloré, Drahi, Lagardère, Arnault, Niel, Bouygues : tous ont pour point commun d’être milliardaires et propriétaires de grands médias de masse en France : ils sont des oligarques qui fabriquent l’information, qui décident comment il faut l’analyser et ainsi influencer la masse. Leur stratégie consiste en une exacerbation des peurs, que l’on retrouve aisément dans les documentaires honnêtes et les reportages factuels : dans La jeunesse n’emmerde plus le Front National, les jeunes interrogés sont déclassés, partie intégrante de la France périphérique à qui la gauche, exception faite de François Ruffin et Christophe Bex, ne sait plus parler. Biberonnés à CNews, ils ont trouvé leur bouc-émissaire, lequel ne leur a jamais adressé la parole : l’autre. L’autre est un danger, et pourtant dans leur monde quotidien, l’autre n’est pas.

Ces mêmes journalistes, comme Ruth Elkrief, la plus malhonnête des malhonnêtes, une insulte à la profession comme tant d’autres, qui professent une opinion en se déguisant en journaliste — ou en directrice d’institut de recherche, telle la sorcière de l’IFRAP Agnès Verdier-Molinié, sont les premiers à renvoyer dos-à-dos la France Insoumise et le Rassemblement National, comme deux partis extrêmes à qui parler est un déshonneur : le Conseil d’État est pourtant formel, LFI est de gauche, le RN d’extrême droite. L’extrême gauche en France, c’est Lutte Ouvrière et Révolution Permanente : des guignols peints en rouge, et c’est vraiment pas sympa pour les marionnettes de Lyon. Comment peut-on décemment voir des similarités entre un mouvement politique issu d’une scission avec le Parti Socialiste en 2008, lui-même historiquement lié à Jean Jaurès, et un autre fondé par des anciens SS et autres collaborateurs de Vichy ? Qui est antisémite ? Qui assène volontiers qu’au 8 juillet, il pourra « casser du pédé » ? Certainement pas le militant de gauche. Le pire étant encore les gouvernants qui reprennent cette catégorisation avec pour seul but d’induire l’électeur en erreur. Fatalement, en arguant que la gauche est à l’origine d’un terrorisme intellectuel, la caste médiatique a collectivement pété un câble : les larbins de Bolloré et Yann Moix en tête.

 

Les gouvernants et ceux qui prétendent à l’être n’ont pas lésiné sur les moyens pour laisser éclater au grand jour leur nature réelle. Si Glucksmann, l’ami des dictateurs et par ailleurs Flanby à la place de Flanby, n’a pas hésité pour se placer en sauveur de la gauche – comme si les élections européennes donnaient une quelconque légitimité à qui que ce soit, les plus à droite, et non adroits, ont mis en avant tout ce que chacun imaginait depuis un moment. En effet, le chauve niçois à la tête du moribond parti de la droite républicaine a appelé à une alliance avec sa droite, et aussitôt il a été mis au ban par son propre collège partisan. S’en est suivi une auto-séquestration qui a donné à Aurélien Pradié une certaine prestance, une fois n’est pas coutume ; puis à Annie Genevard une utilité certaine : elle avait le double des clefs. Pour un homme politique qui assure à longueur de journée que la France est atteinte d’une insécurité crasse, ne pas savoir que n’importe qui peut entrer dans son local apparaît d’une ironie assez croustillante. Aujourd’hui, personne ne sait qui dirige LR, mais tout le monde sait qu’ils sont divisés, qu’en reste-t-il vraiment, sinon un embryon d’alliance avec le RN qui prouve la fibre anti-sociale et l’absence de dignité d’une partie de la droite ? Ceux qui ont plaidé contre sont isolés, et Dominique de Villepin apparaît comme un vulgaire gauchiste quand il explique vouloir voter contre les lepénistes. Les temps sont étranges.

 

Au centre, la rhétorique est vomitive. Ceux qui sont au pouvoir depuis sept années ont comme unique posture celle d’être la raison face aux extrêmes. Sans revenir sur le fond du qualificatif pour la gauche, il n’est rien d’autre que leur responsabilité que d’avoir engendré la catastrophe à venir avec le côté droit de l’échiquier. Leur clip de campagne est l’incarnation paroxystique du discours dramatisant, dénonçant l’hydre qu’ils ont créée et les gauches irréconciliables pourtant conciliées au moins le temps d’une élection. En analyse de discours, Macron, Attal et leurs laquais cochent toutes les cases du populisme de bas étage : les autres sont mauvais et dangereux, eux sont la raison et la seule solution qui vaille : ils sont les cousins germains de l’AfD et des conservateurs britanniques.

 

Quand on questionne la gauche sur un sujet, il y a souvent plusieurs réponses assez différentes, parfois farfelues, tantôt pertinentes. Aujourd’hui, ces dangereux extrémistes – si l’on écoute CNews et Europe 1, ont trouvé des terrains d’entente, dans un style assez courant pour eux après le Programme Commun et la NUPES, mais de manière encore plus approfondie qu’en 2022. Un style un peu allemand, en somme, dans une culture du compromis absente en France, les partis de gauche ont ratissé large, mesurant très certainement l’ampleur de l’enjeu. Du Parti radical de gauche au NPA : du jamais vu. Même si certains alimentent la division : les paillassons de Mélenchon en tête de gondole face aux prétendus traîtres qui font le fameux « jeu du FN » : Ruffin, Corbière et Simonnet. Je ne peux m’empêcher de penser à François Delapierre, mais aussi à Charlotte Girard, François Cocq et Georges Renard-Kuzmanovic, qui ont eu l’indécence de contredire le gourou. Tant que Mélenchon parlera pour la gauche, celle-ci perdra, et dieu sait s’il a pourtant contribué à la garder haute et fière : pour le bien de tous, tais-toi, Jean-Luc. La caste médiatique a bien compris cet enjeu, et ne cesse de rabâcher les propos de Mélenchon une fois tous les quarts-d’heure. N’est-ce pas, Ruth Elkrief ?

 

De gauche à droite et inversement : un tour d’horizon programmatique

S’il est une chose que l’on peut dénoncer, c’est l’absence de pluralité dans les débats : bien que les trois blocs principaux soient représentés, seule la gauche a la décence de présenter des personnalités différentes à chaque débat. Sans Bardella, qui aligne les éléments de langage sans un réel fond programmatique, le RN passerait finalement pour ce qu’il est : une arnaque, une gigantesque fraude. Il en va de même pour les macronistes, lesquels ne jurent que par Attal et n’envoient au charbon que la chair à canon de Matignon : vous n’avez personne d’autre ? Evidemment que non, les autres ont peur. Même face à Olivier Faure.

 

Mais alors, que choisir dans tout ce bazar ? Ceux qui me connaissent savent que je n’appartiens à aucune de ces engeances, et que je suis plutôt du genre à tirer volontiers sur chacun d’entre eux. C’est pourquoi je tacherai d’être objectif et de prendre du recul sur chacune des parties en lice.

 

Deux semaines ont suffi pour démontrer l’inconstance crasse du Rassemblement National, lequel a affirmé malgré lui et par l’intermédiaire de son cuistre en chef qu’il n’était qu’une fraude sociale. Le programme du parti d’extrême droite, appelons un chat un chat, n’est en réalité qu’un agrégat de mesures flatteuses et exutoires, lesquelles servent à se dire « bien fait pour lui » tant elles n’ont pour but que de pénaliser autrui et non favoriser le plus grand nombre.

Commençons par cette volonté d’interdire d’allocations familiales tout parent d’un délinquant, ce qui, non content d’être contraire au droit — on ne peut être tenu responsable des actes d’un tiers, même s’il a un lien de parenté, pénaliserait de surcroît les plus modestes. En effet, c’est encore plonger dans la pauvreté ceux qui y sont déjà, quand on connaît la corrélation forte entre pauvreté et délinquance, notamment prouvée par des géographes et des sociologues de tous horizons : Loïc Wacquant, David Harvey ou plus récemment Charlotte Vanneste. Qu’a-t-on imputé à Nadine Morano quand son fils a été reconnu coupable de délit de fuite sous emprise de stupéfiants ? Au fils d’Éric Zemmour quand celui-ci a été reconnu responsable d’un accident de la route en état d’ivresse ? Absolument rien. Et ce serait criminel de retirer au parent ses droits sociaux en raison de la bêtise de son enfant, lequel est aussi doué de raison, aussi discutable soit-elle. C’est une criminalisation forcée du pauvre, une stigmatisation de celui-ci.

Le Rassemblement National n’est en rien un facilitateur du bien vivre des classes populaires : rien sur l’agriculture dans les 70 mesures du programme, et quelques mesurettes lamentables sur les salaires, elles-mêmes fondées sur le bon vouloir des patrons lorsqu’il s’agit de réduire les cotisations patronales, et donc le financement des services publics, pour les inciter à augmenter le revenu des salariés. C’est précisément ce que fait Bruno Le Maire depuis sept ans à Bercy, et les salaires n’évoluent pas. Sauf ceux des patrons. Leur programme économique est exactement le même, et il ne sert pas les classes populaires, loin s’en faut, et des économistes l’ont démontré.

Ils sont hors-sol, comme en témoigne leur mesure concernant les héritages, qui seraient moins taxés à mesure qu’ils sont élevés. Qui, dans les catégories populaires, s’inquiète d’un héritage à 100 000€ ? Quel ouvrier, quel smicard, quel employé s’inquiète d’une telle somme ? Ils sont de la même caste néolibérale que les macronistes, l’Aide Médicale d’État (AME) et le droit du sol en moins, ce que même Pétain n’avait pas envisagé, alors même qu’il excluait les juifs de la fonction publique. Si ces deux choses existent en France, c’est précisément parce que les maladies infectieuses n’ont pas de passeport et que l’on souhaite éviter les ghettos d’étrangers dans le pays : l’AME n’est utilisée que par 10% de ceux qui y ont droit (INSEE, 2023) et uniquement dans des cas d’urgence. La supprimer, c’est favoriser des bombes infectieuses telles qu’on les a connues dans les stades au commencement de la pandémie de Covid-19.

Dans la série des « on fait ça mais on sait pas comment », la fin des déserts médicaux n’est pas solutionnée bien qu’écrite noir sur blanc, le grand audit indépendant sur le budget est une fausse idée dans la mesure où tous les comptes du pays sont publics. De même, la baisse la TVA sur l’énergie, et en particulier sur le carburant, ne dépend pas de la loi française mais des directives européennes : eu égard à la volonté affirmée du parti de se maintenir dans l’Union Européenne, cette mesure est tout bonnement irréalisable.

Enfin, et c’est sûrement ce qui caractérise l’infamie du parti d’extrême droite, c’est la cuistrerie affichée de son leader, sa suffisance dans chaque débat, sa propension à toucher empêcher son interlocuteur terminer sa phrase, comme avec Léon Deffontaines, lorsqu’il lui a asséné à dix reprises qu’il était communiste, sous-entendant qu’il n’était pas légitime pour parler d’économie. Qui est-il, lui, avec son seul Bac ES et aucun diplôme universitaire ? De la même manière, quand il tourne Jean Moulin en dérision face à Olivier Faure avant de répéter « ben voyons » trois fois comme s’il était un Eric Zemmour d’AliExpress. L’un n’a lu que son programme de première, l’autre écrivait des merveilles dans Le Figaro. Et quoi qu’on pense des deux, il est une différence de légitimité et d’épaisseur intellectuelle difficile à quantifier. Puis, leurs liens caractérisés avec la Russie, la prétendue méconnaissance de Tamara Volokhova, pourtant conseillère de Bardella à Strasbourg, les nombreuses citations homophobes, racistes et antisémites d’une centaine de leur candidats devrait suffire à disqualifier définitivement ces fous du bus.

 

À droite, ou du moins dans ce qu’il en reste. Difficile d’exister quand le président du parti s’en va encore plus à droite. S’il fallait une preuve plus grande encore que le RN n’est pas un parti qui favorise les classes populaires, Éric Ciotti n’aurait pas fait mieux. C’est même d’autant plus terrifiant que le parti n’existe plus au niveau national : Pradié est parti, tous les rats quittent le navire pour attraper un poste chez qui est le plus offrant. Si Darmanin appelle ça du gaullisme, que les âmes de Colombey fassent le nécessaire pour qu’il déguerpisse. Le parti de la droite traditionnelle n’existe guère plus qu’à l’échelon local, et demeure inaudible hors de ses figures très bien élues : Annie Genevard, Fabien Di Filippo, Olivier Marleix, qui bien qu’étant des figures locales, ne portent guère plus loin que leur circonscription. J’aurais tendance à penser que leur présence est importante au sein de la chambre basse, en cela qu’ils permettent une raréfaction mesurée du parlementaire RN et/ou macroniste. D’ailleurs, leur absence dans les grands médias lors des débats témoigne bien de cette campagne locale, menée loin de Paris, où leurs cadres ne sont plus depuis très longtemps. S’il demeure une certaine dignité à quelques uns d’entre eux : Lisnard, Kosciusko-Morizet, Villepin ; d’autres, Carayon, Ciotti, Chaix, ne méritent que les oubliettes de l’Histoire.

 

Pas de programme, sinon « ils sont le chaos et nous la raison » alors même qu’ils sont aux manettes depuis sept ans. Ils ont provoqué le chaos, l’explosion de la dette et la paupérisation du pays. Et pourtant ils se posent là en sauveurs de la Nation. Leur électorat âgé et blindé leur accordera leur voix, mais quelle légitimité aurions-nous, tous, à redonner notre confiance à un parti qui trahit le peuple, qui l’envoie dans les cordes, qui le matraque, qui le prive de retraite. On ne sait plus de quoi ces gens sont capables tellement ils nous ont détruits : les transports, l’école, l’université, les hôpitaux, les forces de l’ordre ; qui n’a pas été défavorisé par les macronistes ? Hors des ultra-riches, personne ne saurait le dire précisément. Même François Hollande, pourtant pas le plus à gauche de la gauche, expliquait non sans ironie que Macron était non pas le président des riches, mais le président des très riches. La boucle est bouclé. L’ancien président revient à la charge, et gagnera très certainement en Corrèze, je le souhaite, pour contrer le monstre qu’il a créé. L’Assemblée Nationale a besoin de grosses personnalités, et malgré son bilan mitigé, l’ancien président a tout le potentiel pour être, comme entre 2002 et 2012, un empêcheur de tourner en rond du Palais Bourbon.

 

Quant à la gauche, unie, deux fois n’est toujours pas coutume, elle apparaît comme une force pragmatique – je hais ce mot, mais il faut croire que c’est le plus juste pour qualifier le Nouveau Front Populaire, et non la NUPES, comme se plaisent à dire les centristes et les tarés qui ont déjà choisi leur camp en cas d’absence au second tour. Quelle indignité ! En effet, l’union de la gauche semble avoir adopté une stratégie à l’allemande, de coalition de compromis, autour de sujets phares et forts. À la différence de leurs adversaires, le programme est chiffré, et quoi qu’en disent les experts Twitter en cryptomonnaie et les libertarés, celui-ci est soutenu par des économistes plutôt reconnus, tels des Prix Nobel de la discipline.

Ceux qui pensent qu’augmenter le SMIC a pour effet de supprimer des emplois n’ont aucune consistance historique ; pas étonnant, les mêmes ont invoqué Blum pour s’offusquer de l’union des gauches, alors même que lui-même s’était allié à des staliniens et à des personnalités de centre-droit. Ce programme, qui me dérange en plusieurs points, est le seul à tenir réellement compte des difficultés des classes populaires et a bénéficier aux 80% les plus pauvres du pays. Il est également le seul à proposer des mesures en lien avec l’effondrement du vivant, avec la préservation de la biodiversité. Face aux antisociaux qui perdent leur sang-froid, ils apparaissent en alternative crédible, quoique critiquable sur le nucléaire et l’Europe.

 

Quelle posture pour un souverainiste social ?

 

Il est assez peu évident de se retrouver dans tout ce fourbi, mais face à l’histoire qui se répète, il faut savoir raison garder. La faillite est déjà là, n’y ajoutons pas le chaos et les discriminations décomplexées. Ernest Renan expliquait que la Nation était un ensemble de choses faites et vécues ensemble, Jacques Bainville parlait de celle-ci comme un composé. Nous sommes au carrefour de nos horizons politiques et sociaux et nous devons choisir.

 

Ce soir, à deux jours du premier tour, j’aimerais ne pas avoir à choisir. Mais ma conscience de citoyen, ma situation personnelle et celle de notre Nation me font espérer que le pire n’arrivera pas. J’ai quitté la France Insoumise sur des désaccords de fond, notamment sur le nucléaire et la position du pays dans l’Union Européenne : je n’ai pas oublié ce que les cadres du parti ont fait à ceux qui osaient prendre des trajectoires différentes. Je suis un souverainiste social, je crois en une Nation forte à l’international, et qui permet à ses citoyens d’être fort au niveau national. Aujourd’hui, personne ne propose une Europe des peuples souverains, mais il est une formation politique, peut-être éphémère, qui s’engueulera plus tard, qui pense au peuple tel qu’il est, qui pense aux gens, à vous et moi, à eux, à tous et toutes. Je leur accorderai dimanche un soutien critique.

 

Ce que je souhaite, autant que cela soit possible, c'est que les centristes et la droite extrême soit battus en grand nombre. Nous avons besoin de parlementaires sérieux. 

 

Je crois en la solidarité et en la France, je crois en tout ce qui nous a faits en tant que Français, d’où que nous soyons, que nous venions. C’est tout l’enjeu de dimanche. L’Europe nous regarde, l’Histoire nous jugera. À nous, tous, de faire que celle-ci ne se répète pas dans le mauvais sens.

 

La seule chose qui pourrait nous arriver de pire, c’est une chanson d’Arielle Dombasle. Ou les Jeux Olympiques.

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